Guinée Santé : VIH / SIDA des femmes « contaminées » à kindia

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 Dans la cité des agrumes une préfecture située à 135 kilomètres de Conakry, nombreuses jeunes filles sont « victimes » d’inconnus de passage. Certains se font passer pour des cadres de l’État. Des hommes sans scrupules en quête d’aventure d’un soir dans les bars ou boites de nuit dupent ces dernières, afin de les contaminer. Mais ce que ces victimes ne savent pas ou découvrent tardivement est que ces partenaires à la langue mielleuse sont porteurs du VIH/SIDA.

Immersion

À Kindia tout le monde connaît la « MAISON BLANCHE » , une zone de concentration des motels et de bars. Elle est très hostile aux simples fouineurs. « Mademoiselle A » nous y approche de quelques pas. C’est ici il y’a quelques mois,  que cette demoiselle commettait l’irréparable en passant la nuit  avec un inconnu qui l’a contaminé du VIH selon ses propos. L’homme servirait dans le Gouvernement et disait être à Kindia pour un séminaire. Aujourd’hui testée positive, « Demoiselle A » exprime son profond regret tardif : << je suis infectée par le VIH. J’ai eu la maladie ici avec un homme venu de Conakry. Il m’a dit qu’il travaille pour le Gouvernement. On s’est rencontré en boite de nuit, et on a fini la soirée dans un des motels ici. Aujourd’hui je n’ai envie de rien. Je mange peu, je ne dors pas et je suis en train de maigrir. J’ai honte de ma famille. Depuis que je suis infectée, je reste confinée à la maison.>>

Pourtant en Famille  » Demoiselle A » bénéficie de l’assistance et du soutien, ce malgré sa maladie. <<…Ici c’est chez moi. Ma famille me supporte malgré mon état. Mais j’ai honte d’elle. Régulièrement je passe des nuits blanches, je me fais trop de soucis…>> Confie-t-elle complètement effondrée.

Après notre entretien avec demoiselle A, direction le CECOJE (centre d’écoute de conseil et d’orientation des jeunes) où se font les derniers mises au point avant la descente sur le terrain. D’où cette réunion de briefing des pères éducateurs en offensive contre la propagation du VIH dans leur ville. A travers la sensibilisation, ils comptent freiner cette infection explique Seydouba Camara membre du CECOJE et l’un des pères éducateurs.

La destination du Jour, un salon de coiffure appartenant à Marie CAMARA. Pendant une heure DJERIETOU SOW, membre du CECOJE démystifie le VIH/SIDA et  explique en langue nationale soussou, les modes de transmission, prévention et de protection contre l’infection. Les coiffeuses apprécient et encouragent l’initiative. Elles disent avoir beaucoup appris. Un avis que partage la Maîtresse du salon MARIE CAMARA en ces termes << nous les encourageons dans leur activité. Ainsi ils nous sauvent de cette maladie, si nous respectons leurs conseils. Moi je n’ai que des jeunes filles ici, donc c’était important de nous alerter. D’ailleurs chez moi ici, j’impose à mes clientes d’acheter pour elles-mêmes, les lames pour les épilations. Dans d’autres salons de coiffure, la même lame sert à épiler 2 à 3 personnes, ce qui est un risque de transmission du VIH aussi. Ils font la même chose aussi avec les aiguilles pour le tissage..>>

À la fin de leur mission journalière, l’équipe du CECOJE exprime sa satisfaction, même si elle est consciente que le défi à relever reste encore de taille.

À l’hôpital de la ville, Dr Fabert Henry Marcel Albert procède au suivi et à la prise en charge des personnes infectées. Depuis 2006 l’hôpital préfectoral assure la prise en charge régulière de 1446 malades. Actuellement ils sont plus de 900 fichés. Les autres sont perdus de vue ou soit transférés dans d’autres villes.

Cependant, Dr Fabert réclame un service spécifique pour le suivi psychologique des malades.

De 2013 à nos jours, la ville des agrumes est devenue l’un des foyers des IST/VIH du pays. Et l’une des raisons, les nombreux motels et hôtels qui y ont poussé comme des champignons, pas moins d’une centaine a été construit cette année.

Le gouvernement à travers le PNLS (Programme National de Lutte contre le SIDA et les hépatites) annonce un plan global de riposte contre les IST/VIH, car Kindia n’est qu’un cas parmi tant d’autres. Toutes les villes minières du pays présentent les mêmes réalités. Le plan quinquennal attendu qui succède à d’autres sera élaboré pour la période 2018-2022.