Médias : journée internationale de la liberté de la presse « …tout le monde est devenu aujourd’hui journaliste… »

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La communauté internationale célébrera demain 03 Mai prochain, la journée internationale de la liberté de la presse. Un métier passionnant qui attire de plus en plus de professionnels notamment chez les femmes.

Toutefois, le constat révèle que les fondamentaux du métier et la qualité des productions baissent de plus en plus au profit de l’amateurisme  la « légèreté » et la corruption dans le traitement de l’information.

Alors qui peut être journaliste, comment et pour quelles fins ? Le niveau de formation actuel des journalistes, comment se porte le métier aujourd’hui dans le monde ? Quelles sont les astuces et « grands secrets » du métier ?  Ahmadou Tidiane SY  Journaliste Sénégalais trainant derrière lui une 40 taine d’années d’expériences et formateur nous dit tout, sur ce passionnant métier et le « plus beau du monde », comme le dirait l’autre.

C’est un entretien réalisé à Saly au Sénégal par Idiatou CAMARA

 

Ahmadou Tidiane SY bonjour et merci pour ce tems que vous nous accordé, alors si on vous demandait qui peut être journaliste et dans quel but qu’allez-vous répondre?

Merci pour cette opportunité, alors qui est journaliste et pourquoi ? C’est une question difficile à répondre. Mais ce que je peux dire c’est qu’à priori c’est quelqu’un qui consacre son sa vie et son travail à informer et qui vit de cela. Mais la profession est tellement élargie aujourd’hui, qu’il est très difficile de dire aujourd’hui qui est journaliste et qui ne l’est pas. Mais un journaliste est celui qui passe par  une école de journalisme, qui exerce dans une rédaction, qui a  de la conviction, de la passion aussi.  Mais la formation est tellement ouverte aujourd’hui, comme je le disais tantôt que tout le monde est dedans et ne fait pas toujours correctement le travail comme cela se devrait. Mais c’est un métier relativement ouvert comparé aux autres.

On parle beaucoup des questions de développement, de journalistes spécialisés, est-ce qu’à votre avis les journalistes traitent suffisamment aujourd’hui et avec professionnalisme ces questions de développement ?

Oui on peut dire quand on voit que des journalistes sont reconnus, primés et reconnus, là on peut le dire. Maintenant est-ce que ces questions sont suffisamment traités dans les médias, dans les rédactions, sérieusement sur ces questions, ce qui intéresse les populations, de manière professionnelle, de manière impartiale, ont des impacts c’est cela toute la question.

Justement quelles sont les questions qui intéressent les communautés, les populations ?

Ce sont les questions liées à la santé, à l’éducation, à l’environnement, l’accès à l’eau, à la population, ce qui intéresse et préoccupe votre communauté voilà ce qu’on peut appeler les questions de développement. Il aussi noter que les préoccupations ne sont pas les mêmes partout, c’est important de le savoir.

Parlant des genres journalistiques, par exemple quand est-ce qu’il est recommandé le reportage par exemple, ou l’enquête ?

Cela dépend du sujet du sens, de l’objectif qu’on veut atteindre, l’impact selon les règles qu’on veut faire, parce qu’un sujet son importance c’est d’avoir un impact. Tous les sujets ne prêtent pas à tous les genres. Certains estiment que ce sont des genres difficiles. Il faut préparer, son reportage, son enquête, citer des sources fiables, acceptées.

On ne peut pas juste se réveiller un matin et dire qu’on veut faire un grand reportage, une enquête, il faut s’outiller, avoir un niveau, de la curiosité, se cultiver, avoir cette envie de découvrir, aller en profondeur bien sur tout cela doit s’accompagner de preuves et de sources fiables. Ce sont certes des fondamentaux, mais ils sont nécessaires à rappeler je pense.

Concernant les questions relatives à l’environnement notamment, on entend souvent parler de journalistes spécialisés sur ces questions, aussi sur la santé, sur l’éducation, sur les questions économiques. Comment vous qui avez plus d’une trentaine d’années d’expériences et de pratique voyez-vous cet état de fait ?

En effet aujourd’hui on voit que les journalistes font beaucoup d’efforts et de recherche sur des sujets de préoccupation et de développement, on parle de « spécialisation » c’est déjà un effort, mais moi je pense plutôt que ce sont des journalistes qui ont un centre d’intérêt beaucoup plus que la spécialisation.

Maintenant, ce que je peux dire pour celles et ceux qui sont intéressés à ces questions particulières, je pense qu’il faut éviter de répéter ce que les scientifiques nous disent tout le temps pour une large compréhension du public, simplifier les termes, ne pas devenir des remorques des termes des scientifiques. Fouiller, savoir aller en profondeur, avoir de la curiosité. Il faut apprendre ce qui est mieux ailleurs, pour s’en inspirer c’est important.

Aller dans les genres, aller en profondeur, il faut faire du journalisme, et y consacrer sa vie.

Quels sont aujourd’hui les défis aujourd’hui du métier ?

Aujourd’hui tout le monde est devenu journaliste, avec un smartphone, un enregistreur, une tablette, mais le journaliste doit y consacrer sa vie, faire différent et de manière professionnelle pour avoir un impact sur la communauté c’est ce qui doit importer.

On parle aussi de nouvelles tendances dans le métier on parle de « fack teacking » qu’est –ceque s’sst et ça consiste en quoi ?

C’est un journalisme qui se fait par les preuves. On ne dit pas par exemple, ce que vous pensez de cette plante par exemple, votre avis, mais on parle des faits, rien que des faits.

Il y’a aussi  le journalisme de « diting » qui se base sur les données. Ce sont des perspectives dans le métier qui vont permettre de distinguer les professionnels des autres dans le métier.